la sélection papier-mâché de Chris Lomon

juillet 18, 2008

Léo Ferré : il est six heures ici et midi à New-York

Il est six heures ici et midi à New York
Dans une rue de Manhattan j’ai fait la manche
Et c’est un nègre bleu qui m’a ouvert les yeux
Ce nègre je l’entends encore
Comme un doux remorqueur dans le port
Il était tout salé
Comme à Paris où j’étais sur la scène
A m’époumoner de rien, de tout
J’ai du nègre par là sous la peau qui se tend
Comme une ombre du Sud
Et c’est un nègre jaune qui m’a ouvert la lampe
Une bonne lampée de ce vernis horaire
Et qui n’en finit plus de se chercher
Dans une rue de Manhattan j’ai joui ce matin
Et Paris me lançait des mouchoirs de satin
Pour m’essorer

Quand je trique à Paris je la monte à New York
Le sperme des poètes ça devrait se ficher dans des ampoules
A la Préfectance de la Madame
Et l’on ne perdrait rien, en connaissance de cause
Il est cinq heures ici
Et vingt-deux heures dans le Caucase
Tu cases tu cases
Et puis tu causes

Je suis malade comme un chien de Moscou
Qui ne serait pas socialiste

La Madame m’a questionné
Elle avait la dégaine de ce flic de Milan qu’on a assassiné

Il est cinq heures ici et cinq heures à Milan
Il est la Mort ici et la Mort à Milan

La Joconde est rentrée dans le poing de Vinci
Les phonos lisent Armstrong dans le texte à Paris
Je connais une femme qui se dit sumérienne
Elle me ronge dans le texte et je lui rends toute sa monnaie

Je me traduis sans me trahir
Et tout est tout mouillé
De ma détresse passagère
Passagère…

Les phonos me liront dans le slang à New York

S’ils ne me lisent pas
Qu’est-ce que ça peut nous foutre…

Quand Ferré dirige l’Orchestre Symphonique de Milan

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