la sélection papier-mâché de Chris Lomon

juin 5, 2008

De Bono Conjugali

Filed under: Coup de gueule,Erotisme — chrislomon @ 3:32
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Avertissement : j’ai mis en ligne ce texte avec une certaine dose de dérision. Je reste étonné de la violence que met Augustin à convaincre du bienfait de la continence quand on connaît sa vie tumultueuse et ses concubines et maîtresses…

« Le mariage couvre du voile de la chasteté, la génération elle-même; car, s’il est honteux d’user passionnément d’un mari, c’est faire preuve d’honnêteté de ne connaître que son mari et de ne recevoir que de lui les honneurs de la maternité […]

On trouve des maris qui poussent l’incontinence jusqu’à méconnaître l’état embarrassé de leurs épouses. Mais si les époux se livrent à l’immodestie et à la honte, c’est la faute des hommes et non du mariage.

6. Et même, dans l’usage immodéré du mariage, usage que l’Apôtre leur permet mais qu’il ne commande point, et qui a un tout autre but que celui de la génération des enfants; quoique alors ils cèdent à l’entraînement de leurs moeurs dépravées, le mariage a encore l’efficacité de les soustraire à l’adultère ou à la fornication. En effet, ce n’est pas le mariage qui commande cet acte, mais c’est le mariage qui l’excuse. Dès lors si les époux s’appartiennent l’un à l’autre pour la génération des enfants, but premier assigné à la société humaine dans notre existence mortelle, ils s’appartiennent aussi comme remède à la faiblesse de la chair, et se trouvent l’un à l’égard de l’autre, dans une sorte de servitude pour étouffer jusqu’aux désirs illicites et pour ne pouvoir garder l’un ou l’autre perpétuellement la continence, sans un consentement réciproque. Voilà pourquoi « l’épouse n’a point puissance sur son corps, il appartient au mari; de même celui-ci n’est plus le « maître de son corps, c’est la femme (1) ». Donc, en dehors même de la génération, les faiblesses et l’incontinence imposent aux

1. I Cor. VII, 4-6.

époux cette servitude réciproque, comme préservatif contre une honteuse corruption inspirée par le démon et nourrie par l’incontinence soit de l’un des époux, soit des deux ensemble. Le devoir conjugal, quand il a pour but la génération, n’est point une faute; accompli uniquement pour satisfaire la concupiscence, mais entre époux, en gardant la fidélité conjugale et dans la mesure du devoir, il n’excède pas le péché véniel; tandis que l’adultère et la fornication sont toujours péchés mortels. D’où il suit que la continence absolue est bien plus parfaite que le devoir conjugal, même quand il n’a pour but que la génération. »

Saint-Augustin, Du bien Conjugal.

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